L’environnement, votre passeport pour vendre vos produits dans l’UE
Le marché américain devient plus incertain, et de plus en plus d’entreprises québécoises tournent leur regard vers l’Europe 🌍 — d’autant plus que le Canada cherche à s’y positionner comme partenaire commercial privilégié de l’Union européenne. Mais l’accès à ce marché ne se joue plus seulement sur la qualité ou le prix : il passe de plus en plus par une preuve concrète de la performance environnementale de vos produits. Au sens propre, un « passeport » pourrait bientôt être nécessaire pour y entrer.

📜 L’ESPR, un chantier réglementaire déjà en marche
Depuis juillet 2024, l’Union européenne applique un nouveau cadre législatif : le règlement sur l’écoconception pour des produits durables (ESPR). C’est un règlement-parapluie 🌂 : il ne fixe pas d’un coup toutes les exigences, mais met en place le processus par lequel des règles précises seront adoptées, catégorie de produits par catégorie de produits.
Un premier plan de travail, couvrant cinq ans, a été adopté en avril 2025. Le textile 🧵 et l’acier ⚙️ sont les premiers secteurs pour lesquels les travaux préparatoires sont amorcés; d’autres suivront. Un point mérite une attention particulière pour toute entreprise d’ici : ces règles s’appliqueront à tout produit vendu dans l’UE, qu’il soit fabriqué en Europe ou non. Être basé au Québec n’exempte donc personne.

🪪 Le passeport numérique de produit
Parmi les outils prévus par l’ESPR, la Commission européenne mentionne explicitement le passeport numérique de produit. Concrètement, il s’agit d’un dossier électronique rattaché à chaque produit, consultable par code QR 📱 ou puce, qui l’accompagne tout au long de sa vie utile. Selon les catégories, il pourrait regrouper :
- 🌱 la composition, l’origine et la traçabilité des matériaux;
- ♻️ le taux de contenu recyclé;
- 🌡️ l’empreinte environnementale du produit, incluant son empreinte carbone;
- 🔧 sa réparabilité et l’accès à des pièces de rechange;
- 🔁 ses options de fin de vie — réemploi, reconditionnement, recyclage.
Son déploiement se fera de façon progressive, catégorie par catégorie, et cette liste est appelée à s’allonger dans les prochaines années. Ce n’est pas qu’une question de transparence : une fois des seuils de performance environnementale fixés pour une catégorie donnée, un produit devra les atteindre pour continuer à être vendu en Europe. La logique de marché va dans le même sens : entre deux produits comparables, celui qui peut démontrer une meilleure performance environnementale a de plus en plus de chances d’être choisi, par un consommateur comme par un acheteur institutionnel.

🇨🇦 Le Canada n’est pas encore au rendez-vous
Du côté canadien, un outil équivalent en est encore à l’étape exploratoire — notamment via des travaux menés au Conseil national de recherches Canada — et plusieurs questions structurantes, comme le mode de stockage des données, restent à trancher. Rien n’indique que le pays sera prêt au même rythme que l’Europe. Les deux systèmes devront probablement devenir interopérables à terme, mais à court terme, une entreprise qui veut continuer à exporter vers l’UE n’a pas vraiment d’autre choix que de s’aligner sur les exigences européennes.
⚡ L’avantage caché du Québec
Il y a tout de même une bonne nouvelle : l’hydroélectricité québécoise, une énergie à faible empreinte carbone, peut représenter un réel avantage face à des concurrents alimentés par des réseaux plus polluants. Mais un avantage qui ne se mesure pas ne se vend pas. Pour qu’il devienne un argument crédible aux yeux d’un acheteur européen, il doit être appuyé par des données rigoureuses.
🔑 Une occasion, pas seulement une contrainte
Dans un contexte commercial en pleine redéfinition, marqué par l’incertitude qui pèse sur le marché américain, l’Europe s’impose de plus en plus comme un marché stratégique pour les entreprises québécoises. Vu sous cet angle, répondre aux exigences européennes dépasse la simple case à cocher réglementaire : c’est un point d’entrée vers de nouveaux marchés, une occasion de revoir ses façons de faire, et un moyen de bâtir une position plus solide pour les années à venir.
✅ Donc, les entreprises ont tout intérêt à commencer tranquillement à se préparer aux exigences européennes, notamment en réalisant une ACV, une DEP ou une empreinte carbone.


